Les couvertures en terre cuite, majoritaires dans le Sud-Ouest
La terre cuite domine le paysage girondin pour de bonnes raisons : elle vieillit bien sous notre climat, se répare élément par élément et se trouve partout. Trois familles se partagent l'essentiel des toits.
La tuile canal, l'identité du bâti méridional
Posée en courant et en couvert, elle accepte des pentes très faibles, à partir d'environ 25 à 30 %, ce qui explique la silhouette basse des maisons anciennes de l'Entre-deux-Mers. Elle laisse la couverture respirer et se prête au réemploi : on retrie les tuiles saines pour garder la patine du toit.
En contrepartie, elle demande beaucoup d'éléments au mètre carré, un calage soigné et davantage de main-d'œuvre. Comptez une charge d'environ 40 à 55 kg par mètre carré et une longévité qui dépasse couramment cinquante ans lorsqu'elle est entretenue.
La tuile mécanique à emboîtement, le standard des pavillons
C'est la couverture la plus posée sur les maisons construites depuis les années 1960. Les emboîtements latéraux et longitudinaux assurent l'étanchéité, ce qui réduit fortement le nombre de tuiles et la durée de pose. Elle accepte généralement des pentes à partir de 30 à 35 % selon les modèles et la zone de vent.
Son rapport prix-performance reste le meilleur du marché et le choix de teintes est large, du rouge naturel au brun vieilli. Son défaut tient à son uniformité : sur un bâti ancien, le rendu paraît parfois trop régulier.
La tuile plate, la finesse des toits à forte pente
Petite, posée à recouvrement double, elle donne un aspect écaille très net que l'on retrouve sur les maisons de caractère et certaines dépendances. Elle exige une pente franche, rarement en dessous de 60 %, et pèse lourd : de 60 à 75 kg par mètre carré, parfois plus.
C'est le choix de l'esthétique et de la longévité, avec un budget sensiblement supérieur à la tuile mécanique, la faute au nombre d'éléments et au temps de pose.